Six pages sur ma pomme, mes pommes et mon carnet à dessin dans le dernier Hexagone !…
Six pages sur ma pomme, mes pommes et mon carnet à dessin dans le dernier Hexagone !…
Chronique dans Hexagone n°2
Chronique dans Hexagone n°2

Une amie Facebook parle de Mie :

Bien le Bonjour ! Ça va bien tout le monde ? 
J'vous ennuie pas bien longtemps .... j'viens pour râler un ptit coup , ça faisait longtemps mais j'ai même plus le temps de râler c'est pour dire ...

Bon ... j'vous la fait courte ... (vais essayer tout du moins car la courtitude c'est pas mon genre).

Eric Mie, artiste aux multiples facettes ... un peu comme une boule disco tiens tsé ... pleins de facettes et il brille de 1000 feux ... vindidiousse ça chui presque certaine qu'on lui a JAMAIS sorti un tel compliment de mert' "Eric, tu es comme une boule à facette" ... bon bref ... Eric, chansonnier-comédien-acteur- dessinateur de talent- a une fois encore été bloqué par Facebook pour quelques jours (par signalement ou par dénonciation, ou par ché pas quoi lié aux mots clés de programmation des logiciels de mon "cul j'y pige que dalle").

Le compte d' Eric Mie a donc été - et ça n'est pas la première fois - bloqué .... à cause, en raison, semblerait-il, du caractère pornographique de ses dessins .... A cause de la jolie Pomme !

Donc ce matin j'ai eu envie de vous présenter Pomme, Eric et son univers ... ptet que du coup je vais être bloquée aussi en raison de la publication de ces IMMONDES ATROCES VULGAIRES SALES HONTEUX dessins ...

Pomme est belle, douce, ronde, poétique, vraie, pure et belle. Elle est l'hommage d'un bel artiste à nous les femmes, toutes les femmes !

Les chansons d'Eric viennent certes titiller, déranger parfois, font rire souvent voire pleurer également. Eric ose parler de ce que la société nous force à taire. Il parle quand d'autres se "couchent" ou retournent leur veste.

Son talent indéniable pour les planches (j'veux dire par là qu'il est un comédien exceptionnel rien à voir avec le métier de menuisier ... quoique ché pas en fait paske il est vosgien et dans les Vosges bah y'a beaucoup de bois et euh .... je m'égare là nan?) force le respect et l'admiration.

Même si à chaque fois je ne pige rien quand il répond à ma question : "Mais Éric c'est quoi au juste l'anarchie", eh bien rien que le fait que patiemment à chaque fois il essaie d'expliquer à ma stupidité ce que c'est, montre la grandeur de cœur de ce bonhomme ...

Voila donc Eric Mie ... sa jolie "Pomme", ses chansons, ses dessins, sa folie, son intelligence que tu peux retrouver ici , ça sera bien mieux et plus clair que ce que j'écris :

💐son site : http://ericmie.jimdo.com
💐aux éditions La Pigne pour commander son livre 
💐sur Instagram
💐sur scène par-ci par là (super la pub Rak)

Voilà j'avais juste envie de vous parler de ça ce matin .... parce que ça m'énerve un tantinet que sur Facebook l'on puisse voir des meurtres d'otages décapités en direct , des vidéos de fusillades lors des divers attentats qui ont frappé la France et le monde, des profils pédophiles qui tentent de manipuler nos mômes, des déviances en tous genre ...et qu'au beau milieu de TOUT cela, "le système" bloque ou permette que l'on fasse bloquer le compte d'un artiste ....

Bon allez, je vais vous laisser .... et RDV dans 3 jours des fois qu'on bloque mon compte à mon tour ... Belle journée ! Aimez-vous et aimons-nous !

"Pi-en-plus-FB-n'a-pas-bloqué-le-compte-de-Hanouna-si-ça-c'est-pas-un-comble-ment Vôtre, Rak"

 

Rachel PAPA

Chronique de Didier JACQUOT sur son blog La Caravane Bleu

Chronique de disque / Eric Mie – Contre-marée

D’abord, la pochette. Des lèvres de mer, une plage épurée et une femme allongée.
Le gars qui chante est pas sur la pochette. Juste sept lettres.
Tout semble nous dire, entrez, c’est ouvert !
Les teintes sont grises, mais faut pas déconner. Et c’est un peu de cela dont il s’agit. Cet album, c’est sans déconner. Avec « Contre-Marée », sa dernière livraison, Eric Mie nous ouvre les portes de sa cuisine. Il y a un feu de cheminée. On est bien. Il a préparé onze pièces montées pour un déjeuner entre amis aux faux airs sucrés.
En réalité, sinon Eric Mie ne serait pas Eric Mie, c’est salé comme de l’eau de mer. La douleur est teintée de miel, elle est comme un fruit mur. C’est doux à l’oreille, mais il ne faut pas se tromper : ça tape la ventraille quand même, ça fait frissons par moments, et si l’on sort de l’écoute plutôt calmé, c’est parce que l’artiste l’a sans doute voulu ainsi.
Il y a du Manset, dans cet album. Il y a du Cabrel et du Renaud, du Jofroi et du Bénin, il y a du Eric Mie, surtout.
Et c’est tout le charme de cette galette qui ressemble à une île sur laquelle on vient un peu oublier le monde. Ca ne fait pas de mal. Ca fait même du bien.
Contre marée ne doit toutefois pas être un malentendu.
Eric Mie se pose et chaque chanson est une vague à la précision quasi chirurgicale. On dirait des poings serrés qui s’ouvrent pour libérer la libellule.
Les mots sont précis, articulés avec soin, prononcés avec la douceur d’une voix teintée de gravité, tranquille, presque trop tranquille. C’est là qu’il faut tendre l’oreille puisque lui nous tend la main. Les mots se sont délestés des postillons. Il reste les pensées. Et une philosophie.
Si l’on ne devait garder qu’une chanson, ce serait Bâtard, évidemment, qui clôture la grande marée en nous disant que si l’on est obligé de vivre, c’est encore mieux de le faire en étant soi-même qui que l’on soit.
C’est entendu : il est des brûlures qui ne cicatriseront jamais. Alors merde. Faisons avec ! Mieux : Faisons envie, comme dit Bashung.  Son ancre, Eric Mie la tempe dans la même veine, et s’il parle parfois plus qu’il ne chante, c’est pour mieux nous la jouer brun ténébreux. Les femmes adorent ça.
Contre-Marée est un album élégant ce qui n’empêche pas d’avoir le cul qui gratte et l’œil qui pique. Au pays du chardon lorrain, on sait distiller le grain de sable.
Alors entendons-nous bien et qu’on se le dise : croquer la pomme, ça vaut le coup surtout si l’on sait prendre le temps, surtout si l’on sait jouir de l’instant.
« Contre Marée » est un disque épuré et pour qui connaît le gaillard, cela ne peut pas surprendre. Mais bordel, si quand même, on est surpris ! Sont forts ces poètes et ces baladins !
Avec contre-marée, Eric Mie prend donc la pose plus qu’il ne prend la pause.
Il nous rappelle si besoin est, et par les temps qui courent besoin est, que le bon pain se fait au levain. Croute que croute.
Le matelot amarré, traversant les flux, en a connu et reconnu des marées et des orages, des tempêtes et des ressacs.
Au final, ses mots se faufilent et s’insinuent comme de belles accolades. Le matelot est fraternité. L’apaisement de circonstance tamise la colère, ou plutôt la douleur. On vit avec. La voix ne donne pas de leçon. Elle nous dit juste, entre douceur et gravité, que sous la crasse il y a la vie, et mieux encore : l’amour.
L’orchestration est utilement minimaliste, guitare discrète, synthétiseur orchestre, le rythme est donné par la voix qui parle plus qu’elle ne chante. Confidences.
Il y a des noyés qui flottent à la surface et dont le regard perçant s’élève par-dessus les flots bras tendu. La bouteille à l’amer a pris de l’âge et c’est dans les vieux tonneaux qu’on fait les belles récoltes. Cet étrange miracle ordinaire, Eric Mie le réussit dans son album.
Finalement, le clown nous honore : il a posé son nez rouge sur la table de la cuisine, et nous a invité à y prendre place. On est entré dans son disque comme on se serait assis à sa table. Simplement. Il murmure, il chuchote, il articule pour qu’on entende bien. On écoute, on ferme les yeux par moments, on espère quelques envolées mêmes mais elles ne viennent pas, le marin garde le cap, le capitaine ô mon capitaine nous tient dans sa barque. A sa merci. Alors merci.

Sur le site http://www.iconovox.com/

L’ami Mie, orages et des espoirs

Éric Mie (photo Anne-Marie Panigada, Barjac 2016)

Éric Mie (photo Anne-Marie Panigada, Barjac 2016)

« Puis je suis rentré abattu / Brisé, en miettes, lamentable / Mon vacarme intérieur s’est tu / Et j’ai regardé sur la table (…) J’aurais du repeindre d’un jet / De mon sang toute la maison / J’ai regardé la table et j’ai / Écrit ma première chanson… »

À contre-marée, à contre-emploi…

C’est avec la lune de Pomme (« C’est le poème cru / De mon désir accru / Mon cantique à ta Lune / Mon psaume à tes deux dunes »), son personnage emblématique, allongée sur le sable et partout où elle peut poser son cul sur cet élégant digipack, que notre natif de Lunéville introduit son nouvel album un peu trompeur. Avec son physique de scieur de long et ses chansons natures, le Vosgien a séduit Barjac le mois passé : peu ou prou le public ne le connaissait pas. Pas encore. Qui l’attendait alors dans une nouvelle case festivalière que Mie étrennait, celle de l’humour, fut-il caustique. Étonnamment, alors que son nouvel album, le cinquième, était sorti depuis trois ou quatre semaines, à un titre près Éric Mie ne l’a pas chanté.

imageCar, au moins pour les amateurs éclairés, qui connaissent leur Mie en entier, ceux à qui on ne la fait pas, ce disque est singulière rupture avec les précédents. Délibérément dans la finesse : il en faut pour écrire ce qu’il y écrit. Mie se forçait chaque fois de faire montre de son art par un savant dosage de chansons rigolotes, d’engagées et d’autres tristes. On l’a souvent cité comme un des héritiers de Font & Val : toutes ses chansons se prêtaient à cette filiation. Là, il s’en va résolument vers d’autres portées…

À la fois tendre dans la forme, d’une tendresse désabusée, grave, infiniment grave. Et triste, comme quand on chante le désespoir. D’un vague à l’âme dont on devine les raisons. Sous la plage les pavés. Et la peur et l’horreur : « Foutue bourrasque / Le ciel a son masque / Des heures grises / La pluie redouble / Et puis tout se trouble / Se fanatise ».

C’est manifestement un album qui suinte des mois passés, de cette année 2015, et témoigne du temps présent. Le stylo cherche ses mots pour évoquer ce qui est autrement plus dur à dire. Le verbe n’est cette fois-ci ni banderole ni calicot. Pas de prêt-à-crier, de prêt-à-penser, de prêt-à-gueuler. Tel un Luz taraudé de questions, qui plus jamais ne dessinera comme auparavant.

L’écriture, oui, est saisissante, qui nous parle ici de cauchemars, là de violence : « Encore un jour où je m’étonne / D’aimer l’amour, d’aimer la vie / J’ai la kalachnikov fébrile / Je ne ferais pas de quartier… »« L’inspectrice après la poursuite / Négocie ma vie au chantage / J’veux d’la tendresse tout de suite / Ou je butte tous mes otages !! » Onze titres compliqués, qui nous impliquent, nous questionnent, en appellent confusément à l’amour face à la violence, à cette tournure des choses.

« Une terrasse dans le ciel / D’où j’admire la foule folle / Se crachant des morts et du fiel / En sirotant quelques alcools / Une terrasse où je me grise / Où je m’enivre au doux tumulte / Des abrutis qui se divisent / Des guerres stériles et adultes… » La météo est celle de la peur, des attentats : « Foutue bourrasque / Le ciel a son masque / Des heures grises / La pluie redouble / Et puis tout se trouble / Se fanatise ».

C’est un disque de maintenant, hélas de demain, certainement pas d’hier. Le monde s’est dégradé et Mie ne fait pas, ne fait plus le mariole : chaque mot pèse ici son poids de gravité même contrecarré par la mélodie, une troublante mélancolie, qui s’efforce chaque fois d’être légère mais. Toutes nos forces et nos faiblesses, nos peurs et nos courages, nos espoirs et nos lâchetés sont nichés dans les vers de ces chansons, presque à la manière d’une doublure.

« Dans ma poche il y a la peur / Pas de bout de pain, pas d’argent / Pas de cailloux porte-bonheur / La solution à mon tourment… » Est-ce Mie qui a changé, est-ce notre monde qui a basculé dans un ailleurs tragique ? « Quitte la terre austère / Pour ce bonheur à suivre / Il est prioritaire / Pour survivre (…) Au-delà de vos dieux / De vos maîtres immondes / Il y a une flamme, un feu / À trouver sur ce monde ».

Doit-on dire que ce disque est en tout point remarquable ? 

 

Éric Mie, Contre-Marée, Éditions de la Pigne/Nestana Prod 2016. Le site d’Éric Mie, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

Sur Médiapart Août 2016


Barjac 2016. Mie certes, mais pas à moitié !

Ajouté par Michel Kemper le 8 août 2016.
Sauvé dans Anne-Marie PanigadaEn scèneFestivals
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Retour du festival BARJAC M'EN CHANTE

Voici l'article signé Claude Fèvre sur le site 

http://chantercestlancerdesballes.fr/barjac-men-chante-de-vrai-de-rire/

 

Un jour singulier à Barjac, ce 2 août 2016. Peut-être  les historiens de la Chanson diront –ils bien plus tard : C’est cette année là que tout a basculé… Mais n’anticipons pas !

Un jour qui décoiffe !  Et l’on subodore qu’il en a même défrisé quelques uns.  Un vent de comédie, d’humour sauvage, d’ironie, de satire a soufflé dans les platanes.

Précisons tout de suite. Il s’agit  bien  de  satire avec un « i » à moins que l’on ne  veuille déjà rivaliser avec les trousseurs, détrousseurs  de mots que sont Wally et Vincent Roca. On avoue, on s’est bien amusé à lire l’expression qualifiant Eric Mie de « Chansonnier satyrique » !  Il y aurait effectivement du satyre en lui. Il se pourrait bien qu’il appartienne à la cohorte lubrique de Dionysos comme il a bien voulu nous le démontrer. Faire reprendre en chœur « poils au cul » ou pire (!!) « Branle –toi » a de quoi laisser pantois le festivalier, voire le lecteur de cette chronique. Bien entendu réduire le concert d’Eric Mie à ces citations là serait carrément malhonnête. N’empêche ! On en est resté sur… le cul !

Eric Mie est arrivé sur la scène surchauffée – attention ce n’est pas de l’ambiance dont il s’agit-  en trio, guitare, guitare électrique, contrebasse. Musicalement, c’est déjà très, très  plaisant. C’est enlevé, joyeux. La guitare électrique donne sa touche des sixties, entre rock et  blues… Bref,  elle n’est pas pour rien dans le plaisir que nous prenons à écouter l’artiste avec son petit quelque chose de Charlebois – la rondeur, la tignasse ?– qui aurait troqué l’accent québécois contre l’accent vosgien.  Côté discours ce serait plutôt François Béranger.

 Il ne manque pas de dire qu’il y a 24 ans qu’il chante et que pour lui, Barjac « c’est la consécration »… Dix ans qu’il frappait à la porte…

Pour donner le ton, dans sa première chanson, il divise  l’humanité en deux camps,  celui des cons et celui des salauds. Il a vite choisi le sien et nous aussi. Il ne se contente pas d’être l’apôtre du roi des cons, il se dit aussi magicien, mentaliste, transformiste. Bref, ça  part dans tous les sens à un rythme effréné… Il tire à bout portant sur tout ce qui bouge et nous asservit.

 Eric Mie se révèle un sacré comédien, un vrai pitre !  Il offre des moments salvateurs de franche hilarité notamment quand il nous joue le père /père Noël  un soir de 24 décembre ou quand il prétend vouloir faire un tube… ça sonne creux forcément « ce tube du bonheur bidon rempli de ciel bleu de fadaises »… Car pour le reste, ce serait plutôt sombre. Faut dire que notre actualité lui donne toutes les raisons de s’en prendre à une république en lambeaux, toutes les raisons d’agiter le drapeau rouge, et souvent aussi le noir ce qui nous vaut une superbe chanson offerte à Louise Michel : « Reviens-nous avec tes illusions ! »  Il va jusqu’à dire sa détestation, et son amour aussi, de sa terre originelle, Lunéville. Drôle d’enfance  semblable à beaucoup d’autres, drôle d’avenir à dessiner entre peste, lèpre, et choléra au milieu. Alors comment survivre ? Eric Mie répond par la tendresse, l’évasion, le rêve…l’amour sous toutes ses formes, et surtout féminines, avec l’humour pour habiller le tout !

En somme nous avons ri, beaucoup ri  au cours de cette quatrième journée. C’était comme une évidence que l’on s’offrait là un bel exutoire à nos angoisses et nos colères… A nos agacements aussi pour ce qui nous concerne.

 Parfois on serait las en effet d’entendre ces sempiternelles chansons  d’amour raté(es). Sans saveur, sans ce petit grain indéfinissable de folie qui caractérise une écriture singulière… On tourne sans fin autour de son ego, de sa petite vie intérieure. On reste dans sa bulle et l’on revoit le geste éloquent de Romain Didier lors de la rencontre matinale : tête baissée, mains recroquevillées devant le visage, pour dire un monde étroit, fermé… Celui d’une chanson qui se sclérose, qui ne bouge plus, n’évolue plus. Alors on aime, oui, qu’elle nous bouscule, nous mette l’eau à la bouche, réveille nos émotions endormies,  nous fasse frissonner, pleurer – nous aimons les émotions fortes ! –  nous fasse éclater de rire comme aujourd’hui.

Eric Mie et sa folie en scène d’abord, puis le duo  Délinquante, la grande Céline et la petite Claire, leur connivence de femmes, façon Thelma et Louise en chanson, et enfin Wally qui ne recule devant aucun jeu de mots, jamais méchant, toujours joyeux, en duo hilarant avec Vincent Roca que l’on voudrait suivre définitivement dans son jardin imaginaire de mots en liberté.

Cette journée là a remis nos pendules à l’heure. Quelques fous furieux les avaient déréglées.





Mie croque sa Pomme en livrant ses chansons

 

 

 

Ça fait quand même une paille qu’Éric Mie fait des p’tites chansons et nous les chante. Des trucs sur ses origines :LunévilleSaverne,Haigueville : eh oui, Je viens de l’Est. En revanche, En passant par la Lorraine c’est pas lui même s’il a une bouille à parfois porter des sabots. Des trucs d’énervé aussi, d’homme engagé, de citoyen lambda qui observe et restitue : là il nous parle de fric, de misère, d’exclusion, de mal-être, de mal-vivre, de cons et de prétendants présidents, en fait de tout ce qui est haïssable et, croyez-moi, ça lui fait de la matière à chansons. Ça fait des rimes riches, à la langue chargée. Il y a ça, et puis des contes, des fables. Et des trucs d’obsédé, à jouir dans une église : des sur la pilosité (« celles qui s’épilent / je les efface » menace-t-il de sa gomme), les jupons entr’ouverts et ce cul oh ! ce cul… D’autres encore qui se croient drôles, ou se présentent comme philosophique… Bref, pleins de chansons. Chanteur, il en a fait logiquement de beaux et bons albums.

Je dis chanteur parce qu’il sait faire plein d’autres choses de métiers : on vous en déjà parlé, c’est ici. Il est, par exemple, dessinateur. Que voulez-vous, quand la muse des arts vous tient… Tiens, parlant de muse, connaissez-vous Pomme ? C’est sa muse ! Lui s’amuse a la dessiner de partout. Toujours pudique, Pomme, toujours en collants rayés, le reste à l’air. Bien en chair, elle aime s’exhiber. Ses seins, son ventre, sa toison, toujours son cul. A croire qu’il l’a toujours dessinée, même petit ; dans la marge de ses cahiers, au dos de ses déclarations d’impôts, sur ses p.v ., sur chaque lé de son papier peint…

La faute originelle : Mie sait croquer la Pomme

La faute originelle : Mie sait croquer la Pomme

Là, Mie vient de sortir un recueil d’une partie de ses chansons, 73 textes. Les pages pourraient être sobres, célébrant l’hyménée des vers et de la sage typographie. Bien non : Pomme y est partout, avec ses bas, sans le haut, dans toutes les positions possibles, des plus désirables aux plus suggestives. Mie est ainsi qui donne envie. De fait ça fait double lecture : la belle et impudique Pomme et ces textes sans musique qu’on prend la temps de bien lire, de s’en délecter, tout en matant les courbes de la dame.

« Ça gratte, ça titille, ça torpille et ça grince, bref ça fait du bien là où le monde a mal. Caustique, polisson, mais jamais policé, il est férocement drôle, indomptablement libre et farouchement tendre » note Agnès Bihl dans une réjouissante préface qui montre à quel point elle connaît et apprécie le bonhomme. Et Pomme, qui pourtant est brune. Bihl serait-elle une fausse blonde ?

 

Éric Mie, Si tu veux te changer en gomme, Les Éditions de la Pigne, 2015. 10€. Le site d’Éric Mie c’est ici. En vidéo, un vieux reportage certes, mais beau portrait d’Éric Mie.


Éric Mie, un chanteur entier


Article de Michel Kemper datant du 11 mars 2015

sur le site 

http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2015/03/11/eric-mie-un-chanteur-entier/



Il est chansonnier. Avec son complice Lobo, depuis leur premier festival d’Avignon en 2003, il est même sociétaire tant du Caveau de la République que du café théâtre Le Grenier, à Paris. Dès 1992, le duo Lobo & Mie s’inscrivait déjà sur scène dans la succession de Font & Val alors que ces derniers officiaient encore. Lobo & Mie, eux, existent encore.


Il est acteur mais pas que. Il écrit des articles, des poésies, des nouvelles. Il dessine des bédés et illustre tout ce qu’il peut, livres pour enfants ou affiches pour grands.


Il est également chanteur (et parolier aussi pour autrui, notamment pour Nordine Le Nordec) et Chute libre est son quatrième album. Pour bien vous le situer, il est plus collègue de travail de Toulis (un autre Éric) et du Bel Hubert que des abonnés à la playlist d’Inter, chacun ses valeurs.


A mes piètres collègues de plume et de clavier, journalistes en carte qui dissertent une fois l’an, tel un marronnier, sur la mort de la chanson engagée sans nullement rien connaître de la chanson, je conseillerais bien un paquet d’artistes et quelques piles de disques (des cédés, pas des 78 tours). Pour leur épargner des milliers d’heures d’écoute, je les invite à écouter Éric Mie dans le texte, dans des propos à peine polis, bruts de taille, honnêtes. « Abolir le pouvoir et avec leurs cravates / Pendre tous les gros porcs, ceux qui en abusaient », « Fusiller contre un mur les grands fauves du fric / Ceux par qui le béton et la laideur arrivent », « Mais à quoi peut servir un député vivant ? Mais à quoi peut servir un président vivant ? », on peut s’amuser à prélever, à picorer dans ses chansons des vers qu’il fait bon grouiller, qu’il est sain de chanter. Anar, Mie ? Un peu, mais, sans cafter, il n’est pas le premier : « Le premier des anars avait montré l’exemple / En tuant le veau d’or et les marchands du temple. » Mie chante comme il respire, comme il vit, La gueule ouverte.


Mie est tout le contraire de la chanson aseptisée, bien formatée, des laboratoires Varrod & Manoukian. C’est tout le contraire d’une chanson toute lisse (quant à Toulis…). D’ailleurs « Cell’s qui s’épilent / Je les efface / De mon carnet d’adresses. » Lui « prends la vie du bon côté / avec du poil entre les dents. » Mie vache, Mie tendre, il photographie la vie : « Le dégoût est autour de nous / Les gens sont cons, la vie est moche / Mais entre ça et rien du tout / Le choix est nul, faut qu’on s’accroche ! » Mie c’est comme un pain dans la gueule (« cet espoir dans ton poing qui se lève fièr’ment / qui s’élance et s’écras’ dans la gueule du tyran ») mais en plus tendre : de la Mie de pain en quelque sorte. Une chanson bien travaillée, finement ouvragée, qui convoque en renfort le ban et l’arrière ban des instruments (y’a du monde à ses côtés) pour bien orchestrer ses colères, ses indignations. Et sa tendresse j’insiste : il suffit d’écouter Lunéville, sa ville en ruine. Il suffit d’écouter comment, en quelques phrases sincères et bien senties, il rend justice et dignité à l’arabe, à l’ouvrier, l’exploité : « N’importe qui / N’est jamais / N’importe qui. » Et comment il chante son papa…


Si vous ne connaissez pas encore ce lorrain, malgré ses bien vingt ans de service, organisez la rencontre sans plus de délai : ça vaut le jus, ça réconforte, ça ragaillardit.



SPIROU n°3996 12/11/2014
SPIROU n°3996 12/11/2014


EST REPUBLICAIN 25 Mai 2014 première partie de TOM NOVEMBRE
EST REPUBLICAIN 25 Mai 2014 première partie de TOM NOVEMBRE
Article suite au concert au "Village à Bascule"
Article suite au concert au "Village à Bascule"
Article suite au concert avec Lisa Louize
Article suite au concert avec Lisa Louize
Est Républicain 2 Février 2014
Est Républicain 2 Février 2014

* Une interview d’Éric MIE sur le site de My Lorraine 

* Une émission de radio dont Éric MIE est l'invité



Un article paru dans « Le Doigt dans l’œil » N°34 Mars 2010


Éric MIE « Le choléra »


Ça commence un peu comme le glas, mais le propos global serait plutôt le tocsin. Avec une musique guillerette, les mots portent comme autant de coups de griffe dans l’écorce, pour laisser des cicatrices comme des graffitis dans la mémoire Ensuite, la vie cahote comme elle peut, elle boite ? mais elle avance, entre les orages et les coups de soleil. Histoire d’un amour qui se défait, du passé qui se teinte des couleurs du temps évanoui, automne des sentiments, tendre souvenir qui cherche à se planquer derrière le jour qui se lève, et qui essaie d’effacer les ombres, mais ... Mais si les roses se fanent, il reste les orties pour se fouetter les sangs, et doper les neurones d’une bonne lampée de potion insurgente. Comme les insurgeants qui ont fait la tea party en prélude à la révolution américaine. L’insurgent Eric Mie manie en virtuose l’art de la dérision, du miroir tendu dans lequel comme disait Brel, on peut apercevoir celui qui chantait l’air de la bêtise, et y voyait son reflet, tout ça sur des musiques très fines, un folk acoustico-aérien qui souligne d’un trait mutin la profession de foi du balladin. « Y a des cons et des salauds, je suis un con, j’ai eu du pot.. » Choisis ton camp camarade, l’homme est entre deux chemins, chacun son destin... Dans quelques chansons, dans le ton, dans le fond et la forme, dans les paroles et la musique, on retrouve ce que disait Ferré à Moustaki, « tu murmures ce que je hurle, » et parfois le murmure porte plus loin que le hurlement, il se glisse dans des interstices, s’installe dans les recoins secrets de la mémoire. S’y grave à jamais.

Evolution subtile qui passe des univers de la revendication énergique à la persuasion tranquille, tout aussi efficace, comme la goutte d’eau vient à bout du rocher. Les comptines acidulées s’entortillent dans des refrains au swing familier, mais les mots sont là, précis, concis, explicites. Sans concession à la tiédeur et aux compromis par exemple ‘le dance floor du no man’s land’ va vous mettre une bonne louche d’eau de vie prête à flamber, à mettre le feu dans une carmagnole de circonstance.

Et c’est avec beaucoup de sensibilité et de lucidité que, de la Nativité à l’arrivée, Eric Mie brosse le parcours d’un humain extraordinairement banal, que restera-t-il de cet homme qui pourrait hurler « je suis différent, comme tout le monde* je suis un autre ?* mais demain... Que restera-t-il de nous frères humains ? Va savoir, mais en gros, on mourra peut-être, mais vivants !

 

Norbert Gabriel

 

Un article paru dans « Le Monde Libertaire » n° 1577 du 17 au 23 Décembre 2009


CHANSONS NOIRES


Après une longue gestation, Le Choléra, le dernier né de l’ami Mie est là. Un CD pas vu à la télé qui ne plaira pas à toutes les oreilles. Sur le livret de Dépareillé, son précédent album, Eric Mie avait noté une citation de Francis Picabia : « Les gens sérieux ont une petite odeur de charogne. » Continuité dans le changement sur Choléra, son nouvel album, on retrouve Picabia qui nous dit cette fois : « Les hommes politiques poussent sur le fumier humain. » Ces deux pensées très pertinentes pourraient suffire à commenter le travail d’Eric Mie, un type plutôt marrant, plutôt anar.Tellement anar que le premier titre de ce CD qui en compte quatorze c’est tout bonnement V’là l’choléra !, un texte de Louise Michel piqué dans un bouquin introuvable en librairie, A Travers la vie et la mort, l’œuvre poétique de la Louise qui fut publiée en 1982 chez François Maspéro. Ce texte vous dira en partie quelque chose. Les punks des Sales Mômes en ont fait une version pimentée à la sauce grippe A… Sur une musique perso, Eric Mie reprend fidèlement les paroles originales, ce qui n’enlève rien à leur actualité. Ça en dirait même un rayon sur l’archaïsme de l’époque soi disant « moderne » que nous vivons… Plus loin, le bougre aggrave son cas, en chantant Louise, un hommage à la « Vierge rouge » qui n’était pas rouge et sans doute pas vierge) de la Commune. Une complainte qui se termine par « Je rêve quand tu cries : Tout pouvoir est maudit ! ». Mais là où l’animal risque d’être pris pour un dangereux ultra-anarcho-autonome, c’est sur le titre Mon cancer généralisé. Avec ses 33 secondes bien pesées, la chanson la plus courte du monde doit être aussi l’une des plus détonante. « Mon cancer généralisé / Et moi on va à l’Elysée / Avec humour je positive / J’ai une ceinture explosive. » C’est tout et ça suffit. « Vive le son de l’explosion » reprendraient en chœur les Anciens qui chantaient Dansons la Ravachole ! Eric Mie y va fort. Il tape sur la Moribonde onde (Si tu veux mourir idiot / Ecoute bien ta radio… », sur les salauds en tout genre, sur « les riches qui nous baisent », sur la Nativité (en empruntant un texte à Jean Richepin)… Ce qui n’est évidemment pas très vendeur à la veille de Noël. Que les cœurs tendres se rassurent, le chansonnier nancéen ne boude pas les douceurs quand il s’adresse à sa fille Célestine (née le 6 mai 2006 à 0h14). Amour, humour, noir évidemment (A mort les gens qui meurent !), l’anarcomicotragik ne va pas beaucoup plaire aux libéraux ni même aux « socialistes » lorrains. On se souvient de ses mésaventures sur le site de Chambley Planet’Air cet été...

 

DANS LE PETIT CORBINOU La Newsletter de François CORBIER


Quand un copain fait un nouvel album c'est toujours emmerdant parce qu'on se dit pourvu qu'il ne se soit pas planté ! Ce serait trop con. Mon copain ERIC MIE m'a envoyé sa nouvelle prod. Pas de lézard : il est en forme, l'animal ! Les musiques sont belles. Il a mis le paquet. Ses amis ne l'ont pas laissé choir (comme dit la lavandière). Piano, guitares, contrebasse, accordéon, violoncelle, viole, tambourin, orgues, batterie, percus... On en a pour son fric.

Bon et les textes alors ? Superbes et drôles et tendres et futés. Bien vus. Tournés au coin du bon sens et juste ce qu'il faut d'étrange et de dérangeant parfois pour que ce soit attachant et mémorisable.

Moi ça me touche ce genre d'écriture simple et compréhensible par tout le monde. Je ne peux pas citer tout ce qui m'a plu dans ce CD, je vous laisse découvrir, mais LA MORT FINE... ou cette autre chanson intitulée SI TU VEUX TE CHANGER EN GOMME... Rien que du plaisir ! Foncez !!!

Ah oui tiens encore un truc, ERIC MIE chante mieux que les gens qui se présentent dans les Star Ac' et autres Eurovision... Enfin c'est autre chose...

Moralité ?

Ben faut acheter son CD.

Pourquoi ?

Pour avoir dans la discothèque autre chose que des conneries, c'te bonne paire !

En plus, et c'est l'argument qui tue : il me cite dans les remerciements, alors que je n'ai rien fait du tout. Alors si ça ne vous donne pas envie d'écouter et d'acheter son CD, c'est à n'y rien comprendre. www.ericmie.com

Merci Éric d'avoir du talent et d'être mon copain quand même.

 

François CORBIER Juin 2006 http://www.francoiscorbier.com/


SUR LE SITE DE LA VILLE DE CRETEIL


Auteur, compositeur, interprète, Éric Mie, amateur des vieux chansonniers de Montmartre, se démarque complètement de la nouvelle chanson française en abordant des sujets brûlants. Tendres et grinçantes, ses chansons sont percutantes et s’accompagnent d’atmosphères musicales variées, passant d’une valse inquiétante renvoyant aux tristes heures de l’Algérie (La Gégène) à une berceuse attendrie, ou bien du rock (Si tu veux te changer en gomme) à un refrain légèrement manouche (J’suis papa). http://www.ville-creteil.fr/vac/vac-cl-quoideneuf.htm

 


Un article paru dans "Le Monde Libertaire" n°1455 du 16 au 22 Novembre 2006 et dans le Web-Zine : "Le Mag"


Éric Mie, un chansonnier anarcomicotragik


par Paco


Après quinze ans de tournée et deux albums avec le duo Lobo & Mie, Éric Mie sort un CD solo de 14 titres : Dépareillé.
Un journal intime tragi-comique teinté d’humeurs et d’humour très noirs.
Après une scolarité peu reluisante, le Lorrain Éric Grandemange, un CAP de tailleur de pierre en poche, a été ouvrier à la chaîne chez Seb. « C’était pas si bien que ça », avoue-t-il. Alors, réalisant qu’il ne savait rien faire d’autre que l’artiste, il a laissé la place à Éric Mie pour conduire sa vie. Excellente décision. Auteur, compositeur, interprète, mais aussi comédien, poète et dessinateur, Éric Mie a des atomes crochus avec les vieux chansonniers de Montmartre, en particulier avec Jean Richepin à qui il a consacré un CD en 2003. Parti de rien et partant vers tout, l’ex-cancre a eu pour éducateurs Henri Tachan, Jacques Brel, Hubert-Félix Thiefaine, Gaston Couté, Georges Brassens, Patrick Font, Michèle Bernard, Anne Sylvestre, Sonic Youth... et des types de la trempe de ce poilu anonyme de 14-18 qui a écrit La Chanson de Craonne. Ancien rédacteur et illustrateur du fanzine L’Encre noire, édité jadis par le groupe Jean-Roger Caussimon (FA de Nancy), Éric Mie ne cache pas sa couleur. Il la dilue subtilement dans des chansons comme La Gégène (dédiée à Maurice P.), Si tu veux te changer en gomme (dédiée à Nicolas S.) ou durant les 55 secondes de boîte à musique offertes À la mémoire des vaincus... « Vive la Commune ! » s’exclame alors sur le livret une demoiselle fort dévêtue hormis ses jolis bas rayés. Rayés comme les bas portés par Mie lui-même sur la pochette du CD. Cet amateur de Guinness et d’absinthe, lapin noir en goguette, a également à son actif un spectacle sur la vie et les poésies de Louise Michel, sa « maîtresse ». Chraz le trouve gentil, beau et intelligent. Il aurait pu ajouter tendre et grinçant. Enchaînant des atmosphères musicales variées, Éric Mie égratigne la connerie, passe d’une valse pacifiste à une berceuse attendrie (il est papa...), chante la complexité de la vie, explore l’humanité du plus jeune âge jusqu’à la vieillesse avec, parfois, un humour vache qui amuserait Agnès Bihl

 


Eric Mie

Comédien, chansonnier, mais aussi auteur-compositeur, l'artiste lunévillois sort un premier album solo intitulé «Dépareillé». Mais surtout impertinent.

BAYON. - Ne lui parlez surtout pas de nouvelle chanson française. « Disons plutôt la chanson dont les médias aiment parler en ce moment », corrige aussitôt Eric Mie. « Bénabar, Sanseverino, Delerm, Fersen ne sont pas nés d'hier. Des comme eux, il y en a toujours eu ! A toutes les époques, successeurs des Tachan, Romain Didier, Mano Solo, Brassens, Ferrat et autre Brel. » Brel justement, qu'Eric Mie a incarné sur scène, alors qu'il était jeune adulte, pris dans le tourbillon de la fièvre théâtrale à Gerbéviller, dans le Lunévillois, là où il a grandi. « Après une série de spectacles événementiels, investissant des lieux déments, nous avions décidé de produire quelque chose sur Brel. Durant un an, j'ai écouté l'intégrale de ses chansons. » Une révélation pour l'ado, alors plus porté sur les hits de Michael Jackson ou de Madonna ! « Sur scène, je mimais les textes. La difficulté, c'était évidemment de faire ressortir toutes les émotions. » La prestation d'Eric a son petit succès. Mais lui laisse un goût d'inabouti. « En parallèle, j'ai toujours dessiné, illustré, écrit des poèmes. J'avais très envie de montrer mes textes. Et puis je n'allais quand même pas faire Brel toute ma vie ! »

Arrière-petits-enfants de Chepfer

Eric Mie évolue dans un univers teinté d'un goût prononcé pour la dérision. Révélé dans ce premier album solo intitulé « Dépareillé ». Quatorze titres qui prolongent un spectacle créé il y a deux ans déjà. Et qui lèvent un coin du voile sur ce trentenaire attachant. Impertinent et iconoclaste, quand il rejoint sur scène son complice Félix Lobo pour un duo de café-théâtre féroce et satirique qui a fait les bonheurs du festival d'Avignon, des Trinitaires de Metz ou encore du Caveau de la République à Paris.

Gouailleur, lorsqu'au « Cabaret du Lapin noir », le quatuor qu'il forme avec Félix Lobo encore, Fabrice Colombéro et Armelle Witzmann, rend hommage aux chansonniers montmartrois. Un peu à la manière d'un autre Lorrain, Georges Chepfer, « qui a fait lui aussi sa carrière au Chat Noir, à Montmartre ! » « Nous sommes un peu ses arrière-petits-enfants ! »

Eric Mie écrit également pour le groupe idyll ou encore le quintet a capella nancéien Piccolo.

« Journal intime « Dépareillé » montre un artiste aux multiples facettes. Caustique pour entonner une valse inquiétante (La Gégène), dénonçant la torture durant la guerre d'Algérie. Eric Mie, chanteur engagé, comme il le fut avec Lobo dans le spectacle « Le Raoul », qui imaginait un « Jean-Marie Le Pen arrivé au pouvoir ». Eric Mie provocateur, glissant subrepticement sur les ondes d'une radio « La vermine », méchant pamphlet contre l'intégrisme religieux, si violent qu'il fit exploser le standard de la station ! « Cet album, c'est un peu un journal intime », poursuit l'artiste lunévillois. Qui parle de la mort, du racisme, de la vieillesse. Qui laisse aussi transpirer de nouvelles influences musicales. « Tout absorbé par la chanson française, j'ai négligé le rock, que je découvre seulement maintenant ! »

Brel encore

Avec Eric Mie, la mélancolie n'est cependant jamais très loin. Joliment exprimée dans « Haigneville », ce petit village du Bayonnais de trente âmes, aujourd'hui son refuge. « Et qui ne survit que grâce aux trois dernières fermes en activité. Pour combien de temps encore ? »

Ce serait dommage enfin d'oublier le père de famille joyeux, dont la touchante sincérité explose dans le très beau « J'suis papa ! ». Ecrit à la maternité un jour de Toussaint, alors que Fanette vient de pointer le bout de son nez. Fanette ? « Brel encore, évidemment », confirme Eric Mie !

Bruno SUSSET
© L'Est Républicain - 15.01.2006


Eric Mie
Dépareillé

Voici le premier album solo d’Eric Mie après plus de 10 ans de scènes et disques partagés avec Félix Lobo ou encore le cabaret des lapins noirs. Eric Mie est avant tout un homme de scène et il était temps de graver cette décennie d’écriture et de spectacles qui l’ont mené jusque-là du Festival d’Avignon au célèbre Caveau de la République, en passant par le Casino de Paris ou la MJC Pichon (quand-même) ! Cet album s’intitule « dépareillé » et cela n’a rien de péjoratif. Il va dans tous les sens, il gratte là où ça fait mal, il coule des larmes salées sur les cicatrices de sa propre vie et triture les plaies béantes de notre quotidien et de notre société. L’album est un journal à lui tout seul, tantôt journal d’information (« si tu veux te changer en gomme »), tantôt journal intime (« la mort fine », « berceuse »), où la critique est acérée, l’humour coloré, les faits divers et variés. La musique est enveloppante, remuante ou voyageuse, le contenu émouvant, culotté et nuancé (« Fils de pute »)… Dépareillé affiche aussi son goût prononcé des bas rayés…ceux qu’il porte, qu’il dessine, qu’il collectionne ou qu’il décrit. Un garçon original et sensible en somme qui n’a aucun tabou et ne saurait laisser son public indifférent.

Valérie BOUR
dans le merveilleux site http://www.ledoigtdansloeil.com


CHANT'ESSONNE
N° 140 - Janvier 2006

Fort de diverses expériences en groupe durant ces 10 dernières années (Lobo et Mie, les Lapins Noirs), en 2001, cet ACI lorrain décide de créer son propre spectacle de chansons plus "musicales". Bien qu'habituellement accompagné par Olivier Hermann (guitares), Mélanie Collin (contrebasse et piano) et Aude Romary (violoncelle), il s'est adjoint pour la circonstance de nombreux invités, le tout donnant à l'ensemble un mélange heureux de genres. Alternent, entre autre, des ballades acoustiques ("Haigneville ", "Le dernier jour ", "Berceuse "), une valse rengaine qui renvoie aux tristes heures de l'Algérie "rouge sang" ("La gégène "), un rock accompagnant la triste histoire d'un gamin meurtri par la vie de sa mère ("Fils de p… "), un refrain manouche ("J'suis papa "), un rock ("Si tu veux te changer en gomme ") ou un boogie parodiques ("Yapadekoi ") . Tour à tour drôles, tendres, émouvantes ou satiriques ses chansons sont, dit avec juste raison le chansonnier qu'il reste avant tout, "anarcomicotragiks".

J-P.C.
Chant'Essonne
http://chantessonne.free.fr


 


"(...) Entrecoupé de sketches, le tour de chant du comédien-chansonnier Éric Mie donnait des couleurs à son humour, tantôt noir, rose ou soulevant des rires jaunes.
Douche écossaise ? Non, bien française pour ce défenseur de la chanson de chez nous. De chez lui même, puisque, en dehors d'un émouvant "Hôtel du tapis vert" d' Aristide Bruant, il dit ou chante ses propres textes incisifs. Les yeux expressifs, la grimace à portée de main et la guitare dans l'autre, il jongle avec un humour teinté de poésie qu'il cache sous son manteau. Doux rêveur ? Pas tant que ça puisqu'il reconnaît "avoir toujours des cailloux dans les poches".
Car le rire n'est jamais loin de la gravité lorsqu'il chante "Alger rit jaune et rouge sang" et avoue ne pas avoir abandonné sa révolte d'adolescent. Avec son excellent complice musicien Olivier Herrmann, Eric Mie forme un duo pour qui "l'utopie est délivrance". Et ça fait mouche. Le public aime et le fait savoir."

Daniel Loppion "L'Est Républicain"


Bien connu au sein du duo lorrain "LOBO & MIE" et du quatuor "LES LAPINS NOIRS", l'artiste chansonnier-libertaire Eric Mie effectue également un beau parcours en solo.
En solo ? pas vraiment, car il est accompagné par trois musiciens, rien que ça...
Olivier Herrmann : guitare & choeur
Aude Romary : violoncelle & percus
Mélanie Collin : piano & contrebasse
Eric MIE en solo (!), c'est plein de tendresse et de fous rires, voire de rires fous, et parfois aussi de rires jaunes, car derrière ses mots et ses mimiques inimitables, se cache souvent une certaine gravité. Il décoche ses flèches verbales contre la bêtise humaine, la haine et la violence avec la lucidité des cancres.

Serge Joseph "Les Baladins"


Eric Mie a enregistré "Triste Mioche" (une démo de 1999), un CD de dix titres loin de l'humour du duo "Lobo & Mie". Ici place à l'émotion et aux clins d'oeil à ces piliers du Chat Noir ou du Lapin Agile : maîtres à chanter d'Eric.

Albert WEBER "CHORUS"


Eric Mie il est gentil, modeste, beau, intelligent, c'était un fan (et c'est encore) de Patrick Font, c'est une encyclopédie de la chanson française, lui et son copain Lobo sont des iconoclastes qui se moquent de tous ceux qui ne gardent de ce mot que les deux syllabes centrales, alors qu'est ce que vous attendez pour aller voir son site ?

CHRAZ sur Chraz.com
Humoriste de grand talent et Ancien chroniqueur à France Inter (Rien à Cirer)

Une affiche de l'ami Lindingre
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