Présentation de l’artiste

 

Je n’aime pas les militaires,

Les tueurs, les juges, les flics,

Ni les panneaux publicitaires,

Les ultra-riches ultra-cyniques.

Je n’aime pas voir des prisons,

Ni des hérissons écrasés,

Des tags sur des vieilles maisons 

Et des sachets « Macdo » au fossé.

Je n’aime pas les O.G.M.,

Les stations d’essence Total

Je n’aime pas P.S., Modem

U.M.P. et Front National.

Je n’aime pas le riz au lait,

L’immoral se disant anar,

Les gens qui ne doutent jamais,

La cervelle et les épinards.

Je n’aime pas les religions,

La hiérarchie et le pouvoir,

Et l’exploité jusqu’au trognon

Se soulageant dans l’isoloir

Je n’aime pas les excréments,

Les boites de nuits, les voitures,

Les chiens dans les appartements

Et les magasins de chaussures.

Je n’aime pas le nucléaire,

Les mathématiques et les banques,

L’ouvrier pleurant son salaire,

Les richissimes saltimbanques.

Je n’aime pas la mort, le sang,

David Guetta, le téléphone.

Ne dites jamais pour autant

Que je n’aime rien ni personne

                                   Car…                                

J’aime les crêpes et la choucroute,

Les filles avec des bas rayés,

L’océan au bout de ma route,

Et les barbecues en été.

J’aime l’odeur des vieux bouquins,

Ecrire et chanter des chansons,

Le trait habile de Franquin,

Et Noiret dans « Coup de torchon ».

J’aime bien la tarte au citron,

Le bruit de mes pas dans la neige.

J’aime les postérieurs bien ronds,

La joie de mes filles aux manèges.

J’aime la foule qui se bouge

Pour arrêter notre naufrage,

Les militants sous drapeau rouge,

Les bénévoles des villages,

La bière bien fraîche en terrasse,

Le morgon et l’Amaretto,

Le vieux Stanislas et sa place,

Faire un sous l’eau et du vélo.

J’aime le givre sur les branches

Et m’asseoir sur la grosse pierre,

Louis De Funès du dimanche,

Les forets sombres et les fougères.

J’aime les Vosges et la Bretagne,

Les musées avec des Lautrec,

Et marcher en haute montagne

Avec un bon saucisson sec.

J’aime l’odeur de mon bébé,

Et musarder dans les rues, seul.

J’aime les fleurs des champs de blé

 

Et quand tu ne fais pas la gueule. 

 

© Eric Mie